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Mettre de l'environnement dans sa vie

De la neige orange en Sibérie, des pannes électriques géantes aux Etats-Unis, des athlètes qui refusent de se rendre aux Jeux Olympiques à cause de la pollution… les problèmes liés à l'environnement sont de plus en plus fréquents et de plus en plus graves. Les films catastrophes des grands studios hollywoodiens commencent à se confondre avec la réalité. Se pose alors la question de la relation de l'homme face à sa planète. Trop longtemps les réserves énergétiques ont été pillées, et les terres saccagées. Aujourd'hui les consciences se réveillent : à force de vouloir aller toujours plus loin, il arrive qu'on aille trop loin.



  L'état des lieux
La multiplication des incidents climatiques



Le climat et ses dérèglements font la une des journaux de plus en plus souvent… Et pour cause. Les climatologues ont constaté que la température moyenne de la planète avait augmenté de 0,6° C au cours du XXe siècle.
À ce terme de réchauffement climatique, on associe désormais systématiquement le poids des activités humaines qui en est en grande partie responsable. À travers le monde de nombreuses conséquences se font déjà sentir : les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient, les sécheresses succédant aux inondations, les tempêtes tropicales aux tsunamis.
Sans oublier la fonte de la banquise (première ressource en eau potable) ou encore la disparition de certaines espèces animales… Aujourd'hui nul n'est à l'abri de l'un de ces événements.
L'intervention de l'homme


Au cours des dernières décennies, l'être humain a, il faut le dire, sérieusement jouer avec son environnement. La déforestation pour rechercher de nouvelles énergies ou pour favoriser l'installation de nouvelles populations a détruit ce que l'on appelle les « poumons » de la planète, la forêt amazonienne en tête.
L'agriculture intensive dans les grands pays industrialisés (États-Unis, Europe) ou dans les pays dits émergents (Brésil, Chine) comme l'installation d'usines dans des zones sensibles entraînent des pollutions dont l'impact sur l'environnement commence à se faire connaître, et à faire peur…


À tous ces phénomènes s'ajoute une prise de conscience progressive mais massive : les énergies actuelles ne sont pas illimitées et leur coût augmente proportionnellement à leur raréfaction. Le futur énergétique semble résider dans un changement de mentalité et de style de vie.
  Faisons vite, ça chauffe
Ce slogan, que chacun a entendu au moins une fois, est celui que l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a commencé à diffuser il y a déjà quelques mois. C'est la première campagne issue du Grenelle de l'environnement.
Les prévisions scientifiques ne sont, on le sait, pas assurées. Elles vont cependant toutes dans le même sens. Au cours du XXIe siècle, la température sur la Terre pourrait augmenter de 1,1 ° C à 6,4 ° C. Le phénomène actuel de hausse des températures est particulièrement inquiétant lorsque l'on sait que les évolutions du climat sont en temps normal relativement lentes.
Sauf incidents climatiques en effet (mini-ère glacière par exemple), les températures n'évoluent que de quelques degrés sur de très grandes périodes. On parle ici d'un réchauffement pouvant engendrer un changement climatique cent fois plus rapide que d'ordinaire. De là découlent les scénarios les plus pessimistes quant à l'adaptation plus ou moins rapide de l'homme à son nouvel environnement. Sans parler de toutes les autres espèces vivantes (animaux et végétaux).



Une élévation du niveau des mers



Elle est évidente et a déjà débuté. La fonte normale et naturelle des calottes de glace polaire et des glaciers continentaux, ne cesse de s'accroître à un rythme effréné. Si on associe ce facteur à celui de la dilatation thermique de l'eau (le volume de l'eau augmente avec la chaleur), on aboutit à une élévation du niveau des mers estimée à quelque cinquante centimètres d'ici 2100.
Des pays entiers (notamment les îles dans l'Océan Indien) devront alors lutter contre l'avancée des eaux. De nombreuses régions littorales et deltas seront submergés.
Qui dit hausse du niveau des mers sous-entend également déplacements de population. La seule élévation des océans pourrait ainsi forcer quelque 100 millions de personnes par an à quitter leur lieu d'habitation entre 2020 et 2100, selon Robert Nicholls, professeur à la Middlesex University de Londres.
Chassées de chez elles par les inondations ou le manque de terres cultivables, ces populations, pour la plupart en provenance de pays pauvres, font leur apparition dans le dictionnaire sous le terme de « réfugiés climatiques ». Ainsi, les habitants de l'île de Tuvalu, dans le Pacifique, menacés d'inondations ont déjà demandé l'asile climatique à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande.


Tout un monde à refaire…



Les conséquences écologiques, elles, ne sont pas quantifiables aujourd'hui. S'il est agréable, dans l'absolu, d'imaginer cultiver des palmiers, dattiers au nord de la France ou en Angleterre, cela voudrait dire des zones désertiques dans le sud de la France ou le nord de l'Espagne…
Reste à imaginer l'impact sur les paysages, la vie animale et végétale, l'évolution des sols et des ressources, mais aussi sur les implantations où l'homme pourrait vivre et les profondes modifications des activités économiques (agriculture, pêche, tourisme…).


Comment savoir ?



Envisager les changements est le rôle des experts qui utilisent des modèles numériques capables de prendre en compte les données actuelles et de réaliser des simulations futures.
En fonction de la capacité de l'homme à réduire ou non ses émissions de dioxyde de carbone, ces spécialistes établissent des prévisions globales pour l'ensemble de la planète. Cependant, comme pour les prévisions météo à une semaine, elles conservent une réelle marge d'incertitude...

De manière générale, seule une action immédiate et une vision à long terme peuvent permettre d'endiguer ce problème. Il semble que la solution passe en tout premier lieu par la diminution de nos émissions de gaz à effet de serre.
La France, mais aussi l'Europe


Depuis le 1er juillet 2008, l'Union européenne est présidée par la France, et cela pour six mois. La lutte contre le changement climatique et la mise en place du « paquet énergie-climat » devrait être un des axes de travail pour les ministres européens.
L'Union ambitionne en effet de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % d'ici 2020, si aucun accord international n'est trouvé sur ce sujet. Si les autres pays prennent des dispositions de cet ordre-là, l'Union placera la barre à un niveau de 30 % de réduction.
L'Union européenne espère également atteindre 20 % d'énergies renouvelables dans sa consommation totale en énergie, toujours pour 2020.

La France souhaite, pendant sa présidence, mettre l'accent sur le thème de la déforestation et de l'accès à l'énergie, prioritairement dans les pays tropicaux. Au programme figurent aussi les incitations (fiscales et organisationnelles) afin de favoriser les technologies propres dans le secteur des transports, ou encore le débat sur les organismes génétiquement modifiés (OGM).
  Le Grenelle de l'environnement
Les conclusions des tables rondes du Grenelle de l'environnement (le 24 octobre 2007) ont donné lieu à la rédaction de 268 engagements.
À la suite de ces consultations politiques sur les thèmes de l'environnement et du développement durable d'octobre 2007, plusieurs secteurs économiques ont commencé à mettre en application certains de ces engagements.



►Les premières avancées




L'immobilier passe à l'acte


Les professionnels de l'immobilier (six réseaux spécialisés ainsi que des organisations professionnelles) ont signé une convention destinée à mieux informer les acquéreurs et loueurs de biens sur la performance énergétique des bâtiments (leur consommation en énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre).


Cette mesure s'inscrit dans le droit chemin des dispositions mises en œuvre dans ce secteur ces dernières années notamment à travers le diagnostic de performance énergétique (identification prévisionnelle des consommations d'énergies d'un logement). Les professionnels se sont engagés à généraliser l'affichage des performances énergétiques dans les petites annonces immobilières, aussi bien lors d'une vente ou d'une location.



Le bâtiment est le plus gros consommateur d'énergie en France. Il génère en plus, 23% des émissions nationales de CO².



Une convention de 5 ans a été signée par la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, les enseignes du commerce et de la distribution et le gouvernement en matière de développement durable.
Dès à présent, un groupe de grande distribution propose à ses clients de découvrir le coût en carbone de ses produits. Il s'agit là du premier étiquetage environnemental qui mentionne la quantité de CO² émise par un produit de cette marque lors des principales étapes de son cycle de vie. Lorsque l'emballage le permet, l'indice carbone est accompagné d'une réglette. Elle indique l'impact environnemental et informe sur le taux de recyclage du contenant.

Deux magasins d'une autre enseigne, dans le Nord Pas de Calais, ont expérimenté pendant quelques mois l'affichage du coût en carbone de mille produits alimentaires. Le bilan CO² était affiché à côté du prix et le ticket de caisse indiquait le bilan total des courses en CO². En rayon, les produits permettant de réduire ce bilan étaient signalés.
Cette démarche correspond manifestement aux attentes des consommateurs révélées lors d'une étude demandée par l'ADEME. 62 % des Français souhaitent, en effet, voir apparaître sur les étiquettes des informations sur le bilan environnemental.
L'étiquette CO² sur les rails


L'ADEME, l'AFNOR (Agence Française de Normalisation), des professionnels et des représentants des consommateurs planchent sur l'affichage environnemental des produits de grande consommation. Il faut élaborer un référentiel de bonnes pratiques dans ce domaine. Les premières expériences des magasins de la grande distribution serviront sans aucun doute aux différents groupes de travail qui réfléchissent à ce sujet. Il faut non seulement généraliser les informations environnementales présentes sur les produits et services mais aussi s'assurer qu'en la matière la même norme est utilisée partout. À défaut, le consommateur ne pourra pas disposer de l'information utile à son choix.
Le tennis « écoresponsable »


La Fédération française de tennis vient de développer, avec l'ADEME, un programme qui vise à réduire autant que possible les impacts environnementaux de l'organisation des tournois internationaux mais aussi du fonctionnement quotidien des ligues et clubs de tennis. Tout d'abord, il y a eu un « bilan carbone » du tournoi de Rolland Garros, le recyclage des balles, la collecte sélective des déchets, l'utilisation de papier recyclé pour l'impression et l'édition de documents de toutes sortes, l'emploi d'éclairages basse consommation, sans oublier la collecte sélective des déchets…
Ces premières actions sont une ébauche de la démarche qui pourrait être généralisée à de nombreuses autres fédérations sportives, notamment.
La Fédération française de tennis est la seconde à s'impliquer dans la protection de l'environnement et la lutte contre le changement climatique. Les instances françaises du rugby avaient inauguré cette attitude citoyenne-responsable l'an passé, à l'occasion de la Coupe du monde de rugby qui s'était déroulée en France.
► En octobre, un projet de loi



Une année presque jour pour jour après le Grenelle de l'environnement (octobre 2007), le premier projet de loi devant mettre en application ses conclusions arrive au Parlement au début de la session d'automne 2008. Ce projet doit permettre à la France d'adopter un mode de production et de consommation plus respectueux de l'environnement dans les vingt ans à venir.


Ses ambitions sont multiples :



- répondre au défi du changement climatique,
- anticiper l'ère de la rareté des ressources naturelles et énergétiques et la hausse des prix en adoptant une croissance plus sobre et plus durable.
Il faut, dans ce contexte, favoriser une économie dite « écologique », grâce aux investissements consentis en matière de construction et de bâtiment, de rénovation thermique, d'énergies renouvelables…
Les six titres du projet de loi sont consacrés à la lutte contre le changement climatique, à la biodiversité et aux milieux naturels, à la prévention des risques pour l'environnement et la santé, à l'État exemplaire, à la gouvernance. Le dernier titre est spécifiquement dédié aux départements et collectivités d'outremer.
► Les grandes lignes du projet



La norme « bâtiment basse consommation » sera la règle dès 2020 pour toutes les nouvelles constructions. Sur le marché du logement ancien, l'ambition est de réduire la consommation d'énergie de 38 % d'ici à 2020.




En matière de transports de marchandises, la loi devrait favoriser le développement des autoroutes de la mer et des autoroutes ferroviaires vers l'Espagne et l'Italie. Il est également prévu de mettre en place en 2011 une taxe kilométrique sur les poids lourds pour l'utilisation du réseau routier national non concédé.


Pour aller dans le même sens, priorité sera donnée aux transports collectifs avec le lancement de plusieurs milliers de kilomètres de lignes à grande vitesse au niveau national. Localement, l'État devrait s'engager pour le développement des transports urbains en site propre (hors Ile-de-France).



Le projet de loi prévoit de produire 20% minimum d'énergie renouvelable d'ici 2020.


Les ministères et administrations publiques d'État vont réaliser un bilan énergétique et vont réduire de 50 % leur consommation de papier d'ici 2012.




Le principe du bonus-malus écologique appliqué depuis le début de l'année lors de l'achat de véhicules neufs devrait être étendu à d'autres produits de grande consommation comme les pneus, les téléviseurs, les ordinateurs…



Le projet n'oublie pas l'agriculture biologique. Cette dernière devrait représenter, en 2013, 6 % du total l'agriculture française. À cette fin, les produits bio vont être de plus en plus intégrés dans la restauration collective publique. Les exploitations agricoles devront devoir obtenir une certification environnementale… Pour aboutir à ces 6 %, l'utilisation des pesticides sera réduite de moitié en 10 ans.
► Un projet à plusieurs niveaux


Ce projet de loi Grenelle 1 est annoncé comme le « premier étage de la fusée ». Ce qui veut dire qu'il devrait être suivi de plusieurs lois d'application encadrant des mesures précises. Les dispositions fiscales les plus importantes seront intégrées dans le projet de loi de finances 2009, voté avant fin décembre 2008.




Si les ambitions sont réelles, certains évoquent déjà leurs craintes quant aux moyens de les financer. À une époque où « les caisses de l'Etat sont vides », pour reprendre une expression connue, comment ne pas s'interroger ? Pour Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, de l'Énergie du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, « ce projet est autofinançable ». « La question n'est pas combien ça coûte mais dans combien de temps on gagne de l'argent ».
  La semaine du développement durable
En avril dernier, la semaine du développement durable, qui s'est déroulée partout en France, a été l'occasion de mettre en place 2 700 actions de sensibilisation du public. Ces quelques jours consacrés à la consommation, avaient pour objectif « d'expliquer aux Français que le développement durable est non seulement possible, mais également source de qualité de vie, de bien-être, de croissance et de pouvoir d'achat », selon Jean-Louis Borloo. Le Village du développement durable, installé au Jardin des Plantes à Paris, a proposé aux 9 000 visiteurs un parcours pédagogique sur des thèmes aussi divers que l'habitat, l'énergie, les achats, les transports, le tourisme, l'eau et la biodiversité. Parallèlement, les États généraux des entreprises et du développement durable ont réuni près de 400 décideurs publics, privés et associatifs.
Rien n'interdit de penser que cette semaine pourrait se renouveler en 2009.
Août 2008
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