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L'assurance vie : placement idéal?

En période de crise on assure ses placements, on protège ses proches. Dans ce contexte, l'assurance vie, longtemps considérée comme le placement préféré des Français, revientsur le devant de la scène. Elle allie épargne de précaution et investissement et se révèle lameilleure formule pour transmettre aisément un capital.



  Notre environnement économique
►Une année 2008 très défavorable à l'assurance vie





En 2008, et pour la deuxième année consécutive, la collecte de l'assurance vie a fortement chuté. Elle s'est établie à 28,3 milliards d'euros en baisse de… 48 % !
Il faut dire que l'an dernier, l'environnement financier a été particulièrement difficile.




L'assurance vie, en tant que placement à vocation d'épargne ou de retraite, s'est trouvée en concurrence directe avec des placements « liquides », comme le livret A et les autres livrets réglementés.


Et dans un ménage, l'épargne, difficile en temps de crise, n'est pas suffisante pour alimenter le livret A et l'assurance vie. Qui plus est, l'an passé, la rémunération de l'épargne réglementée était à un niveau tellement élevé que l'épargnant préférait placer son argent à court terme avec une rémunération à 3 % plutôt qu'envisager un investissement à 8 ans avec une rémunération (hors prélèvements sociaux) comprise entre 3,5 % et 5 %.




La chute des marchés boursiers et l'inversion de la courbe des taux ont rendu très attractifs tous les placements à court terme proposés par les établissements financiers et bancaires.


De plus, les épargnants ayant de l'assurance vie en unités de compte, c'est-à-dire comportant une part de risque, se sont rendus compte de la chute de la rémunération de leur épargne qui a été parallèle à la chute de la Bourse et des marchés financiers.






►2009, renversement de tendance ?





En ce début de second semestre 2009, la situation n'est plus vraiment identique. Si les marchés boursiers sont loin d'avoir retrouvé une forme olympique, la baisse des taux courts sur les marchés et le retour à des taux de rémunération faibles pour le livret A changent la donne.





Début 2009, avec l'ouverture possible d'un livret A dans tous les réseaux bancaires, la collecte sur ce livret avait atteint des records : 18,8 milliards d'euros en janvier, 2 milliards d'euros en février et mars.





Dès le mois d'avril, l'annonce d'une baisse brutale dea rémunération du taux du livret A (de 2,5 % à 1,75 %) avait amorcé une inversion de tendance. Seuls 600 millions d'euros se sont placés sur le livret A et sur le Livret de Développement durable (LDD) ce mois-là.


Tous les épargnants se sont interrogés sur le meilleur placement pour leurs liquidités.




L'assurance vie, en tant que placement à vocation d'épargne ou de retraite, s'est trouvée en concurrence directe avec des placements « liquides », comme le livret A et les autres livrets réglementés.



Et dans un ménage, l'épargne, difficile en temps de crise, n'est pas suffisante pour alimenter le livret A et l'assurance vie. Qui plus est, l'an passé, la rémunération de l'épargne réglementée était à un niveau tellement élevé que l'épargnant préférait placer son argent à court terme avec une rémunération à 3 % plutôt qu'envisager un investissement à 8 ans avec une rémunération (hors prélèvements sociaux) comprise entre 3,5 % et 5 %.



La chute des marchés boursiers et l'inversion de la courbe des taux ont rendu très attractifs tous les placements à court terme proposés par les établissements financiers et bancaires.


Nul doute que la nouvelle baisse de la rémunération du livret A (à 1,25 %) depuis début août va conforter ce phénomène.





Dans ce contexte, l'assurance vie est de nouveau apparue comme un placement majeur offrant simultanément un excellent rapport entre sécurité et performance.
À fin mai 2009, dernier chiffre connu, les collectes d'assurance vie depuis le début de l'année sont en progression de 5 % par rapport à la même période de l'année précédente. Elles s'élèvent à 59,1 milliards d'euros.


La répartition entre les versements confirme que les épargnants hésitent à revenir sur les placements qui comportent un risque de perte en capital. Ils privilégient, à 90 %, les versements sur les supports en euros garantis (52,5 milliards d'euros) au détriment des supports en unités de compte dont les versements chutent de 35 %.


Ce retournement de tendance est, pour Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) en grande partie lié à « la nouvelle baisse des taux courts et l'annonce de la baisse de la rémunération du Livret A ».


►Les assurés consommateurs



On place rarement son argent auprès d'un organisme qui n'inspire pas confiance. Et en période de crise, on devient tous plus exigeant pour… prendre le moins de risque possible. Bien sûr, nous savons tous que le risque est indissociable des activités et des entreprises, y compris du secteur de la banque et de la finance. 2008 en a été, dans ce sens, la preuve.



Selon le « baromètre de crise » réalisé par l'IFOP pour le groupe Axa, 60 % des consommateurs annoncent avoir moins confiance dans leur assureur et avoir changé leurs investissements financiers. Si on ne peut pas parler de défiance envers le secteur, on peut remarquer que les assurés font preuve d'une exigence consumériste renforcée.
Ils sont 77 % à avoir la même opinion pour leurs banquiers.
Concernant leur placement en assurance vie, les assurés confirment l'importance qu'ils attachent à la sécurité du capital investi et aux services. En clair, ils veulent avoir face à eux des entreprises solides financièrement et qui peuvent le prouver.


► Un nouveau contrat d'assurance vie sur 12 ans ?



Pour le président de la FFSA, le secteur de l'assurance pourrait être l'un des moteurs de la reprise économique.
Il faudrait tout d'abord redonner confiance à l'épargnant dans le cadre d'une épargne à long terme.

Il propose de mettre en place un dispositif préservant la capacité d'investissement en actions des assureurs tout en redonnant confiance aux épargnants. « Cette mesure consiste à inciter les personnes qui ont un contrat d'assurance vie à s'engager pour une durée de 12 ans. Notre système actuel, qui n'articule les avantages fiscaux que sur 4 et 8 ans, y gagnerait en lisibilité. L'économie du pays, le financement des entreprises, les obligations d'État y trouveraient également un avantage. De plus, les épargnants seraient d'une certaine manière récompensés pour aider le pays à surmonter la crise. Nous n'avons pas de fonds de pension en France.
L'assurance vie joue déjà ce rôle et un aménagement de la durée des contrats ne pourrait que le renforcer. »
UNE BAISSE DES RENDEMENTS ATTENDUE


Selon le rapport de l'Autorité de contrôle des assureurs et mutuelles (Acam), la santé financière des sociétés d'assurance vie ne s'est pas trop détériorée l'an passé. Leur capacité pour faire face à leurs engagements reste stable et leur marge de solvabilité est toujours conséquente.


Mais la baisse des valeurs des actions détenues et la hausse des taux d'intérêt des obligations privées a généré d'importantes moins-values. Elles ont, pour la plupart, été provisionnées. Les assureurs n'ont pas répercuté totalement ces conséquences sur la rémunération des contrats d'assurance vie en 2008. Celle-ci est restée proche des 4 %. Cette année, la baisse pourrait être plus sensible surtout si les marchés « Actions » baissent de nouveau et si les taux d'intérêt progressent sur le marché obligataire.
  Deux placements en une seule assurance
L'assurance vie n'est pas pour rien le placement préféré des Français.
Ce contrat est simultanément :
- une opération d'épargne : l'assuré verse une ou plusieurs primes ;
- une opération d'assurance : l'assureur s'engage à verser un capital à un bénéficiaire nommé au contrat en cas de décès de l'assuré, ou à l'assuré dans le cas d'une assurance vie classique.
►Un placement financier


L'assurance vie est un des meilleurs choix pour se constituer une épargne et cela quel que soit votre objectif : envisager le financement ultérieur des études des enfants, préparer un complément de retraite…

N'oublions pas qu'une assurance vie représente un engagement sur 8 ans pour profiter au maximum de ses avantages.



Ses principaux avantages se nomment souplesse et fiscalité.


• Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Alors organisez votre épargne en douceur. Si vous avez une somme à investir, n'hésitez pas.


Mettez en place des versements mensuels : vous pourrez les interrompre si besoin est ou encore les diminuer ou les augmenter en fonction de vos possibilités financières.
Si vous choisissez de placer une partie sur des supports en unités de compte (actions), cette formule vous permet de lisser les risques.
Pendant la période d'épargne, rien n'interdit d'effectuer des retraits sans être pour autant pénalisé par la fermeture du contrat. Vous pouvez aussi obtenir une avance si votre contrat le prévoit.




• Côté imposition, les gains que vous retirez après la période de 8 ans sont exonérés d'impôt dans la limite de 4 600 € ou 9 200 € si vous êtes un couple. Au-delà de ces plafonds, les gains sont taxés à 7,5 %.


Attention : pour tout retrait avant ces 8 années, vous devez réintégrer vos gains dans votre revenu imposable. Vous pouvez également choisir le prélèvement forfaitaire: 35 % si votre contrat a moins de 4 ans, 15 % s'il a entre 4 et 8 ans.
Les prélèvements sociaux (12,1 %) s'appliquent et cela, quel que soit le montant de vos gains.
Le choix du support


Vous pouvez effectuer vos versements sur :
- un fonds en euros : le capital versé est garanti. Vous profitez d'un rendement minimal. Il était en moyenne de 4 % sur la plupart des contrats en 2008 ;

- un support en unités de compte. On parle alors de contrats multisupports. Vos versements ne sont pas garantis et sont placés sur des fonds en actions, obligations, parts de sociétés immobilières.
Tout dépend des possibilités offertes par le contrat auquel vous souscrivez. Vous pouvez ainsi diversifier vos placements en ayant toujours à l'esprit que vous prenez un risque, plus ou moins important selon le support choisi.
►Un placement d'assurance


Transmettre un capital



Utiliser l'assurance vie pour transmettre un capital n'est pas le choix premier des Français qui optent pour l'assurance vie. Pour autant, il y a toujours un intérêt fiscal et civil lorsque l'on souhaite offrir un capital. On peut favoriser la personne que l'on veut (sonconjoint, son partenaire pacsé, un enfant handicapé, sesenfants, des parents éloignés, un concubin ou un organisme de son choix - association) en étant en grande partie exonéré de droits.


Un rappel : les sommes transmises sont exonérées de droits de succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire (quel que soit le lien de parenté) si les versements ont été réalisés avant 70 ans. Au-delà de ce montant, les sommes sont taxées à 20 %.Vous devez être très attentif à la rédaction de la clause bénéficiaire, au régime juridique de votre couple et aux sommes qui vont vous servir à alimenter cette assurance. En effet, en fonction de leur origine (biens propres, biens communs), de votre contrat de mariage (séparation de biens, communauté réduite aux acquêts, communauté universelle), de la présence d'enfants, vous n'aurez pas la même marge de manœuvre pour les fonds versés.


Qui plus est, dans tous les cas, il est important de respecter les règles de la succession : savoir quelle somme vous pouvez léguer en fonction de votre situation financière sinon il y a un risque de réintégrer la somme en question dans l'actif successoral.
L'assureur a l'obligation de fournir au souscripteur une note d'information rappelant la nature du contrat, les garanties, la faculté de rachat, les modalités de désignation du bénéficiaire N'hésitez pas, pour autant, à lui poser toutes vos questions et à vous renseigner….
Distinguer une assurance décès et une assurance vie


Vous ne devez pas confondre les deux formules. Une assurance décès est un contrat de prévoyance conçu comme un outil permettant de venir en aide aux proches, financièrement, lors de la disparition de l'épargnant-souscripteur.




• L'assurance décès existe selon trois formules : temporaire, vie entière, survie.


La première est la plus courante et la plus connue. Vous souscrivez un contrat reconductible annuellement. Vous effectuez des versements (un ou plusieurs) et l'assureur verse le capital (ou la rente) aux bénéficiaires si le souscripteur décède avant la date prévue au contrat.
Tout un chacun connaît la temporaire décès souscrite lors de la souscription d'un prêt immobilier. En cas de décès de l'emprunteur, la banque est assurée de toucher ce qui lui reste dû.
L'assurance décès peut être souscrite pour offrir une rente éducation aux enfants en cas de décès de leurs parents…

Avec l'assurance vie entière, l'assureur s'engage à payer le capital en cas de décès du souscripteur quel qu'en soit le moment.

L'assurance survie permet à l'assureur de verser le capital uniquement si le bénéficiaire est encore en vie.



• Comme on l'a vu précédemment, l'assurance vie est un véritable placement. L'assuré ne touche le capital ou la rente que s'il est en vie à une date précise.
  Réclamer son assurance vie, un droit
►Les sommes cachées des contrats non réclamés


Pendant longtemps, « on » a estimé à plusieurs milliards les sommes déposées sur ces contrats et non demandées par leurs bénéficiaires. Aujourd'hui et après de houleux débats, y compris au sein du Parlement, Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) fait le point.


« Selon une enquête réalisée par la FFSA en juin 2009, le montant des contrats d'assurance vie non réclamés s'élève à 700 millions d'euros à fin 2008 », a-t-il indiqué lors de la conférence de presse présentant les résultats du secteur de l'assurance en 2008.



Ces montants non réclamés représentent « seulement » 0,06 % des sommes actuellement drainées par l'assurance vie. La plupart du temps, rechercher le bénéficiaire est relativement simple. Selon la FFSA, « dans 80 % des cas, c'est le souscripteur lui-même qui perçoit la rente ou le capital car il est en vie au terme du contrat. Pour les 20 % des contrats qui se dénouent du fait du décès du souscripteur, les bénéficiaires sont, à plus de 80 %, le conjoint ou les enfants des assurés ».

Dans les autres cas : « il peut y avoir des gens que l'on ne retrouve pas », dit Bernard Spitz.


►Qu'appelle-t-on contrats non réclamés ?


Il s'agit des contrats dont personne, ni l'assuré, ni les bénéficiaires éventuels, ne réclame le remboursement. Mais alors que deviennent ces sommes ? La loi a prévu cette hypothèse. Jusqu'en 2007, elles étaient attribuées à la « mutualité des assurés » (participation aux bénéfices distribués ensuite aux assurés). Désormais, « les sommes sont versées après les délais légaux au fonds de réserve des retraites », a précisé Bernard Spitz.




►Les obligations des sociétés d'assurance?



Les assureurs sont obligés d'adresser tous les ans au souscripteur un relevé de situation. Il peut ainsi se souvenir de l'existence de ce contrat. En cas de décès, les bénéficiaires ont accès à cette information lors de la recherche des dossiers de l'assuré. Ils doivent s'informer du décès éventuel de l'assuré. Depuis le 2 mars 2009, ils peuvent consulter les données du Répertoire National d'Identification des Personnes Privées (RNIPP) de l'Insee. Ce dispositif a reçu, d'ores
et déjà, 470 000 demandes. Il a permis de découvrir 50 000 dossiers pour lesquels un travail d'identification formelle est en cours et de retrouver 150 personnes pour des capitaux évalués à 6 millions d'euros.




►Les assurés et l'Agira?


L'Agira permet à toute personne qui pense être bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie d'en demander la confirmation auprès des assureurs. Elle doit apporter la preuve du décès de la personne dont elle pense bénéficier. Ce système est entièrement gratuit.

La demande doit être faite par écrit : Association de gestion des informations sur le risque en assurance, 1 rue Jules Lefebvre, 75431 Paris cedex 09.
En deux ans et demi, 22 000 dossiers ont été traités et ont donné lieu au versement de 440 millions d'euros.
Assurance vie, , le Guide Pratique, Édition 2009 (167 pages, 22 €)




Que vous soyez déjà titulaire d'un contrat, ou que vous souhaitiez le devenir, cet ouvrage vous présente toutes les possibilités offertes par l'assurance-vie. Ainsi, il vous permet de :

• Comprendre le principe de capitalisation (réinvestissement immédiat sur le contrat des bénéfices qui deviennent eux-mêmes sources de revenus) ;
• Choisir le type de contrat (en euros ou « multisupports ») le plus adapté à vos besoins ;
• Connaître la fiscalité de l'assurance-vie qui est particulièrement avantageuse à condition d'en respecter les règles.





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Août 2009
     

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