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La colocation en 16 Questions/Réponses

Phénomène de mode ou réponse aux crises du logement, de la solitude, du pouvoir d'achat ? Peu importe, la colocation se développe. Vous voulez en savoir plus, vous êtes tenté par l'expérience, quelque soit votre âge et votre sexe ? Voici toutes les réponses sur cette formule aux nombreux atouts.



  COLOCATION : UN PHÉNOMÈNE EN PLEINE EXPLOSION




Une réponse économique



Aujourd’hui, l’environnement économique n’est pas favorable aux locataires.


 


Il faut d’abord trouver un logement et l’on sait que les propriétaires sont de plus en plus frileux à mettre sur le marché leurs biens. Lorsqu’ils le font, les conditions pour devenir locataire sont telles (prix du loyer, garanties exigées…) que de nombreux candidats ne peuvent pas faire face. Sans oublier la compétition entre candidats sur un marché tendu où les offres de logement ne sont pas légion.


 


 


Ensuite viennent la taille du logement et son confort. Étant donné les tarifs pratiqués, trouver un logement confortable et spacieux est impossible lorsque l’on est seul, jeune, et pas très argenté. De plus, face à une hausse générale des prix de l’immobilier, les candidats au logement ont vite compris que louer un logement de 3 ou 4 pièces revient proportionnellement moins cher, à la chambre, que louer un studio.


 


Ne pas oublier non plus qu’assumer un logement c’est prendre en charge le loyer et ses charges mais aussi son assurance, les impôts, et les frais d’eau, de gaz, d’électricité, de nourriture… Et là, le budget explose lorsque l’on est célibataire.




Un Français sur cinq était concerné par la colocation en 2006.






Une réponse au besoin de lien social



La colocation apparaît également comme un antidote à la solitude, le moyen d’échanger, de ne pas être isolé dans la ville. Créer du lien social, partager avec d’autres (si l’on en a envie) est manifestement l’une des raisons du succès de ce phénomène toute génération confondue.

 


Les jeunes étudiants ou entrants dans la vie active l’ont parfois déjà expérimentée lors d’échanges universitaires.

  DÉCOUVERTE DE LA COLOCATION



Colocation c'est quoi ?




Partager un appartement avec une ou plusieurs personnes que l’on ne connaît pas nécessairement est le but de la colocation. Ce phénomène est très prisé dans les pays anglo-saxons et plus particulièrement aux États-Unis depuis plus de 30 ans déjà.


Aujourd’hui tout le monde, ou presque, a entendu parler de la série télévisée « Friends » qui fait l’apologie de cet art de vivre.


 



Colocation pour qui ?



Quand colocation rime avec jeunesse, le cliché est en place. Effectivement, aux États-Unis on constate une moyenne d’âge de 28 ans pour les « colocs », alors qu’elle est de 25 ans en Espagne.


Il est donc normal de dire que les colocataires sont avant tout de jeunes adultes, non mariés, étudiants ou entrés récemment dans la vie professionnelle.


Pour autant, ce point de vue est désormais battu en brèche par des personnes plus âgées. La colocation intergénérationnelle qui associe un étudiant à une personne âgée rencontre un réel succès dans de nombreuses villes, et notamment à Paris.


Plus récemment se sont mises en place des colocations entre seniors, avec des personnes divorcées, veuves ou encore retraitées.




 



 



Il n’y a pas d’âge pour avoir envie de rencontres, de partages, d’échanges et pour refuser la solitude.



Colocation entre seniors



Plus de 13 millions de personnes ont plus de 60 ans en France. Un quart d’entre elles vivent seules après le décès de leur conjoint, un divorce ou l’éloignement d’autres parents. La colocation est une solution qui leur permet d’envisager différemment leur avenir.



L’arrivée de la génération des papy-boomers à cet âge va encore accroître ce phénomène. Enfants de l’après-guerre, cette génération soixante-huitarde est dynamique, en bonne santé et sera la première à profiter de l’allongement de l’espérance de vie. Pas question pour ces seniors d’un nouveau genre de se laisser enfermer dans des schémas préétablis par la société. Ils sont ouverts sur la vie et veulent partager et échanger.


 


Compatibilité des partenaires


La colocation entre seniors n’est pas qu’un choix économique, histoire de partager la charge financière du logement. C’est beaucoup plus le désir de vouloir se créer un nouveau cadre de vie avec des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt et ainsi de rompre la solitude.


Voilà pourquoi une telle colocation exige de bien choisir ses partenaires puisque l’engagement est envisagé sur du long terme. Il faut donc prendre le temps de rencontrer les futurs colocataires et de vérifier que les habitudes de vie de chacun des candidats sont compatibles entre elles.


Ne jamais oublier de s’assurer de la capacité et solidité financière de chacun. Car le propriétaire peut tenir responsable chacun personnellement de l’intégralité du loyer.


 


 



 



 



 

Renoncer à une partie de son histoire


Ce choix de vie est également fait de renoncements. En effet, contrairement aux jeunes qui tentent l’expérience les mains vides, le senior qui se lance dans l’aventure doit être prêt à renoncer à un logement et à une partie de son mobilier.


Il doit oublier ses habitudes de vie en solo pour se fondre dans un certain « collectif » et découvrir un autre mode de vie et de partage dans une maison commune.

  QU'EST-CE QUE LA COLOCATION TRANSGÉNÉRATIONNELLE ?


C’est la rencontre entre un jeune (souvent étudiant) avec de faibles ressources à la recherche un logement dans une grande ville et une personne seule (souvent senior) en quête d’une présence rassurante, d’une compagnie dans son logement.


Le senior propriétaire de son logement fait une place au jeune et comble en partie sa solitude. Ensuite le mode de fonctionnement varie suivant les services que l’un et l’autre peuvent se rendre.



 



 



 

Bouche à oreille, sites Internet, petites annonces, les moyens ne manquent pas pour trouver son ou ses colocataires.


Depuis quelques temps des sites spécialisés dans la colocation entre seniors ont vu le jour. On peut notamment citer :


-          legrandpartage.fr,


-          partage-senior.net,


-          cocon3s.fr,


-          seniorsdumonde.fr…

  COMBIEN DE MEMBRES DANS UNE COLOCATION ?

Le chiffre idéal… n’est pas connu.





À deux, la colocation entre jeunes peut être source de difficultés, surtout si elle est mixte.


 



À partir de trois ou quatre, on peut espérer un appartement vraiment spacieux, des conditions de vie agréables… à partir du moment où les colocataires s’entendent.


Les membres des colocations seniors sont souvent des femmes. Les hommes, en fait, s’intéressent moins naturellement à la colocation. Quel est le bon équilibre en nombre de seniors ? Une colocation avec seulement deux personnes aurait tendance à reproduire le fonctionnement classique d’un couple. À partir du moment où les échanges sont plus nombreux (avec 4 ou 5 personnes), les colocataires arrivent beaucoup plus facilement à trouver leur espace de liberté au sein de la colocation.


 


Le bon fonctionnement d’une colocation passe par la mise en place d’une certaine harmonie et d’une bonne ambiance entre les membres. Peu importe leur nombre.


Il est donc important d’essayer de savoir, avant la signature du bail, si les colocataires vont être compatibles.


  AVANT L'ENTRÉE DANS LA COLOCATION


Quelles sont les particularités du contrat de bail ?



Pour être colocataire et avoir des droits sur le logement, il faut… signer le bail. La colocation ne dispose pas d’un régime juridique particulier. Les règles qui s’appliquent sont celles d’une location classique.






►Le logement est loué vide


 



Le contrat doit être écrit, comporter précisément certains éléments comme :


-          les coordonnées exactes du propriétaire;


-          le début et la durée du bail : 3 ans si le propriétaire est une personne physique, 6 ans dans le cas contraire;


-          le montant du loyer et des charges, et les modalités de révision éventuelle;


-          la description des lieux ainsi que leur destination (habitation seule ou habitation et professionnelle),


-          la désignation des locaux et équipements à usage privatif;


-          l’énumération des parties et équipements communs lorsque le logement est en copropriété;


-          le montant du dépôt de garantie s’il est prévu;


-          la surface habitable.


 


►Le logement est loué meublé.



Le contrat doit également être écrit et sa durée minimum est d’un an ou de neuf mois pour un étudiant.


Le marché ne propose pas beaucoup de colocations meublées.


Le logement doit répondre à des normes de décence précises.



 



 



 


Que veut dire clause de solidarité ?



Tout contrat de bail de colocation avec une telle clause signifie que tous les colocataires sont ensemble responsables des autres et ce, jusqu’à la fin du contrat. Celui qui quitte le logement avant la fin du bail (en donnant son congé au propriétaire) peut donc être tenu responsable par le propriétaire :


-          Les autres colocataires ne paient plus le loyer ? Le propriétaire peut demander au partant d’assumer cette charge.


-          Les réparations locatives non réalisées par les colocataires restants peuvent être mises à la charge du partant.


 



Qui assure le logement ?



Puisque le logement doit être assuré, les colocataires ont intérêt à souscrire individuellement un contrat chez le même assureur. Chacun aura droit ainsi à son assurance responsabilité civile.


 



Quelle répartition du loyer entre colocataires ?



Tout dépend de la répartition du logement. Chaque colocataire dispose globalement de la même superficie (une chambre individuelle et les espaces communs comme cuisine, salle de bains, pièce centrale) ?  Il est plus simple et pratique de partager équitablement le loyer entre tous.


Certaines surfaces privatives sont vraiment plus importantes ou offrent des avantages réels (grands placards, terrasse…) ? La répartition du loyer peut alors ne pas être égalitaire. Seule solution pour que chaque colocataire paie la même part : tirer au sort l’occupation des chambres et en changer de façon régulière.


Cette solution est plus aisément applicable dans des colocations d’étudiants ou de jeunes actifs.


En fait une seule règle existe : il faut l’accord de tous les colocataires sur la répartition, quelle qu’elle soit.


 



 



 


Qui finance dépôt de garantie et cautions ?



L’idéal est de répartir entre tous les colocataires le montant du dépôt de garantie.


Les propriétaires qui, souvent ne sont pas favorables aux colocataires, imposent des cautions personnelles ou bancaires. En général, chaque colocataire est tenu de présenter ses propres garanties. À défaut, le propriétaire peut refuser de signer le bail.

  COLOCATION AU QUOTIDIEN


Que faire si un colocataire ne paie pas le loyer ?



Le contrat de location ne comprend pas de clause de solidarité ? Dans ce cas, pas trop d’inquiétude. Chaque colocataire n’est redevable que de sa part. L’idéal est alors de trouver un nouveau locataire.




Si le contrat comprend cette clause, il faut rapidement en avertir le propriétaire par lettre recommandée. Il est essentiel que chacun continue à payer sa quote-part. Il faut rapidement trouver un nouveau colocataire avec l’accord du propriétaire. En agissant rapidement, la caution versée à l’entrée dans les lieux permettra de régler le solde du « mauvais » colocataire.


 



Faut-il rédiger une charte du colocataire ?



Charte du colocataire, pacte de colocation, tout est bon pour mettre en place un cadre, définir des règles de vie afin de faciliter l’occupation de chacun, et cela dans tous les domaines.


Il est ainsi possible et utile de délimiter les parties privatives et communes (qui utilise telle salle de bains, de préciser qui pourra avoir accès à tel balcon ou jardin et en passant par quelle chambre privée?…).


Établir une liste de ce qui relève des dépenses collectives (eau, électricité, chaudière, impôts…) et individuelles. Rien n’interdit d’inclure dans le pot commun les travaux ménagers s’ils sont réalisés par une personne « employée » par la communauté ou encore les éléments de base comme les produits ménagers, le sucre, l’huile...


 




 


Ce document peut servir à définir ce qui est ou non, autorisé : héberger des proches, de la famille, vivre avec son petit ami…



 



 



 


Autant d’éléments qui peuvent être source de conflits s’ils n’ont pas été envisagés et organisés.


 


 


Comment répartir les tâches quotidiennes?




Courses et ménages trouvent rarement des amateurs… ou alors toujours les mêmes.


En fait l’organisation d’une colocation dépend des colocataires. Le ménage dans les parties communes peut être envisagé en alternance. Tous les colocataires peuvent aussi le faire ensemble de manière régulière. Chacun reste maître de la propreté dans sa chambre.


Faire les courses ensemble peut être sympathique. Mais si dans la colocation chacun préfère cuisiner « perso » à ses propres heures, il faut oublier les courses et soirées cuisine en commun




 


Une règle doit toujours être respectée : ranger ce que l’on a dérangé.



Courses et cuisine, comment faire ?



Remplir un frigo le lundi pour s’apercevoir qu’il est vide le lendemain est souvent désespérant. La règle de base là aussi réside dans le choix des colocataires. Éviter les pingres ayant un appétit dévastateur semble être de l’ordre du raisonnable.


Ensuite, opter pour le principe : « Les bons comptes font les bons amis » et en l’occurrence, les bons colocataires. À chacun son bien : il faut organiser l’espace du réfrigérateur pour que chacun aie ses propres étagères. Cette solution est idéale si les colocataires n’ont pas du tout les mêmes goûts et habitudes alimentaires.


Si l’harmonie règne dans l’assiette, il est toujours possible de prévoir une cagnotte commune. De toute manière rien n’empêche de tester durant 1 semaine, 2 semaines voire 1 mois. Après chacun donnera son point de vue sur l’expérience. Elle sera pérennisée ou mise aux oubliettes.


Dernière solution : organiser le réfrigérateur comme la colocation. Une partie pour les produits de base qui seront communs. Ensuite, chaque colocataire utilise sa propre étagère sur laquelle il se réserve ses achats personnels.


 



De quelles aides profiter ?



Partager une colocation permet de profiter des aides proposées de la CAF : allocation de logement familiale, allocation de logement sociale, allocation personnalisée au logement. Les aides dépendent des ressources personnelles de chaque colocataire et de la part du loyer payé.


Pour financer le dépôt de garantie et la caution, il faut demander à bénéficier du LocaPass délivré par l’organisme Action Logement. Dès qu’un seul colocataire remplit les conditions, tous les membres de la colocation en profitent.

Août 2010

     

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Agir en justice (Ed. 2012)
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